
Avec les coloris les plus éclatants, les formes et les décors allant de la simplicité à l'extravagance, le verre espagnol surprend entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Plus de 200 pièces exceptionnelles issues de collections privées et de musées européens restituent la magnificence de cet art verrier espagnol.
Avec l’exposition « Frénésie vénitienne », un vent chaud venu d’Espagne va souffler sur le Grand Curtius de Liège, du 18 novembre 2011 au 20 mai 2012. Plus de 200 œuvres ont été choisies, issues de collections privées, de trois musées catalans (le Musée Cau Ferrat de Sitges, le Musée du Château de Peralada, le Musée épiscopal de Vic), du Musée du Verre de Düsseldorf et de la Cité de la Céramique de Sèvres, ainsi que du Grand Curtius de Liège.
À travers les coloris les plus éclatants, les formes et les décors allant de la simplicité à l’extravagance, le verre espagnol surprend et détonne dans la production européenne du 16e au 18e siècle. A partir de 1550, malgré les menaces d’emprisonnement et de mort proférées à leur égard, des verriers de Murano émigrent en Espagne et apportent un nouveau souffle aux productions des artisans espagnols. Grâce à leur enseignement, les techniques décoratives vénitiennes sont parfaitement maîtrisées : le verre craquelé, la gravure à la pointe de diamant, l’inclusion de décor millefiori, de filigranes, l’application de mascarons et de décors pincés.
Citons la présence de Gaspar Veneciano à Barcelone et celle de Domenico Barovier vers 1600 à Palma de Majorque.
En Catalogne, l’âge d’or des 16e et 17e siècles est marqué par une importante production de verres d’usage courant (coupes, vases, plats, gobelets, cruches) et d’œuvres exceptionnelles collectionnées par les classes les plus fortunées ou la famille royale. Il s’agit de pièces prestigieuses, cristallines ou colorées. Certaines sont émaillées, comme ces verres typiquement catalans, décorés de motifs végétaux et floraux aux tons dominants verts et jaunes. Nul doute que la majestueuse aiguière du Grand Curtius, l’aiguière en forme de lion ainsi que les hauts gobelets d’apparat présentés à l’exposition faisaient la fierté de leur collectionneur.
Au 18e siècle, de nouvelles formes utilisées par les classes moins favorisées apparaissent : l’almorratxa, aspersoir à eau de rose, le porron et le cantir, des récipients munis d’un bec verseur destinés à boire à la régalade.
Deux autres régions sont très actives au cours des 17e et 18e siècles : l’Andalousie et la Castille. Les productions andalouses en verre bleu, vert et jaunâtre portent des décors travaillés à la pince (rubans, feuilles, coquilles, cordons et anses crêtées).
À El Recuenco, les verriers castillans produisent un verre grisâtre ou jaunâtre. Les cruches au bec verseur effilé et les vases à haut col sont les modèles les plus répandus ; ils sont ornés de filets, de rubans, d’ailettes et de fleurs en relief. Les archives mentionnent la présence du verrier Dieudonné Lambotte, venu de Namur, dans les Pays-Bas espagnols, il s’installe à Madrid avec sa famille et fonde une verrerie à San Martin de Valdeiglesias.
Aiguière, catalogne, 2e 1/2 16e siècle
– début 17e siècle, Département du
verre, Grand Curtius © Ville de Liège
En 1745, le roi Philippe V crée la célèbre Manufacture Royale de Verre et de Cristal de la Granja, dotée de nombreux fours et bénéficiant de l’arrivée de verriers étrangers. La production de luxueuse verrerie de table prédomine dès 1750 : carafes, bouteilles, cruches, compotiers, verres et vases sont taillés, gravés et peints de guirlandes et de bouquets floraux.
La diversité et la qualité des pièces exposées démontrent que les Espagnols ne se contentent pas de produire des verres à la façon de Venise, mais parviennent à se démarquer de leurs maîtres par une interprétation originale de l’ornementation et la création de nouvelles formes. Que tous les passionnés d’art verrier, amateurs ou néophytes, soient comblés : le verre espagnol sort de l’ombre pour faire briller leur regard de mille feux !
INFORMATIONS PRATIQUES
Expositions Frénésie vénitienne & Ernest de Bavière
LE GRAND CURTIUS
Féronstrée 136 - 4000 Liège
L'exposition est ouverte :
du lundi au dimanche : 10h - 18h.
Fermé le mardi et les 25/12 - 1/01 - 1/05
Prix d'entrée pour les 2 expositions
Adultes 8 €
Senior, groupe 6 €
Groupe scolaire, 12 > 18 ans, Sans emploi 3 €
Article 27 1,25 €
Billet Famille (2 adultes avec enfants) 20 €
Billet combiné pour les 2 expositions et le Grand Curtius
Adultes 12 €
Senior, groupe 10 €
Groupe scolaire, 12 > 18 ans, Sans emploi 6 €
Billet Famille (2 adultes avec enfants) 25 €
Dossier pédagogique de l'exposition



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Ernest de Bavière, Un Prince liégeois dans l'Europe moderne. 18.11.11 > 20.05.12